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Les guides et leur influence
QUESTION : Quel peut être le rôle des guides spirituels dans le choix que fait une âme de sa vie future ? Peuvent-ils lui montrer la voie à suivre ? Ne seraient-ce pas ces guides qui infligeraient des épreuves aux âmes qui ont mal agi, non pas pour les punir mais pour les faire évoluer ? REPONSE : Nous en venons au sujet que nous avions laissé de côté quelques instants auparavant : l’action des puissances célestes sur les conditions de notre vie future. Effectivement, les guides spirituels peuvent intervenir et aider l’âme dans cette circonstance particulière, mais d'une manière différente de celle communément admise. En ce qui concerne le choix du moment même de l’incarnation, quelques précisions sont nécessaires pour saisir le mécanisme dans son ensemble. Le phénomène de l’incarnation est un phénomène rythmique comme toute chose dans l’univers. Tout est rythme dans le monde et les âmes elles-mêmes sont soumises à des rythmes. Après avoir pénétré dans la matière, depuis la conception jusqu’à la mort en passant par la naissance, l’âme intensifie son incarnation. Lorsque le moment de la mort survient le phénomène inverse se produit : l’âme se dégage de la matière. Une fois désincarnée, l’âme séjourne dans l’au-delà un temps plus ou moins long. Cette durée dépend à la fois des propres croyances de l’âme, du stade de son évolution et de la situation générale de l’évolution des âmes. La liberté de choix dont l’âme dispose concernant le moment de sa prochaine incarnation est limitée. Le rythme, le mouvement de balancier qui fait se succéder incarnation et désincarnation étant là, l’âme ne peut éviter le moment où elle sera entraînée à se réincarner. Les guides la conseillent mais ne peuvent aller à l’encontre des lois cosmiques. Les âmes les plus évoluées comme les âmes les moins évoluées sont soumises à ce rythme. Elles peuvent néanmoins influer sur ce moment de la descente dans l’incarnation dans une certaine proportion. Prenons une image pour essayer de voir comment le processus se déroule. On peut augmenter ou diminuer l’ampleur du mouvement d’une balançoire en agitant plus ou moins son corps physique sur la balançoire. L’impulsion que donnera la personne sur la balançoire avec ses pieds ou avec ses bras augmentera ou diminuera la hauteur qu’atteindra la balançoire. De la même manière, l’âme, par sa propre activité vibratoire, peut amplifier le mouvement de balancier ou le réduire. Cela se traduira par un séjour plus ou moins long dans l’au-delà. Pour comprendre comment s’exerce le rôle des guides spirituels d’une façon générale, notamment sur les conditions de la vie future, je vous propose d’examiner un exemple concret, tel qu’il a été étudié sous hypnose. Une étudiante de 20 ans éprouvait de sérieux problèmes de communication et de contact. Elle était d’une timidité maladive, remplie de craintes et de blocages et ne pouvait arriver à se faire des amies. Pourtant son physique plaisant, ses dons multiples la prédisposaient à réussir en société. Elle n’avait subi, dans son enfance et dans son adolescence, aucun traumatisme capable d’expliquer ses difficultés présentes. Elle décida alors de remonter dans ses vies antérieures. L’étude de ses vies passées fut révélatrice quant à ses blocages : elle indiqua que, dans une incarnation précédente, cette jeune fille avait été une dame élégante et brillante de la haute société, animant avec talent les salons littéraires de l’époque. Son mari, cependant, était doté d’un caractère ombrageux et jaloux. Il n’admettait pas que sa femme fût en contact avec tant de personnes et se plût en leur compagnie. Il finit par la priver de ses relations, réprimant sauvagement en elle - parfois même par des coups - tout désir de communiquer avec le monde extérieur. La conséquence de cet état de choses était logique : cette femme s’enferma en elle-même, remplie d’effroi et de terreur à l’idée que les relations avec les autres lui amèneraient les brutalités physiques et morales de son mari. Cette peur panique d’être frappée et incomprise si elle nouait des relations avait subsisté dans son inconscient jusque dans sa vie présente. Mais consciemment, dans sa vie actuelle, la jeune fille n’éprouvait qu’une crainte maladive des contacts sans savoir pourquoi. Si les entités spirituelles ont vraiment pour tâche de corriger ce qui a été mal vécu ou mal fait, comme le laisse supposer la théorie que vous nous avez exposée tout à l’heure, pourquoi n’ont-elles pas guidé cette âme vers une incarnation favorisant sa libération - puisqu’il y a, selon les thèses habituellement admises sur le karma, rectification d’une vie sur l’autre - Ce serait justice même sur le plan de la loi de compensation. Or il n’en est rien puisque cette âme, dans sa vie future, se contente de vivre la continuité de ce qu’elle a subi dans la vie précédente. Ce qui est gênant, dans ce genre de théorie, c’est que l’entité divine et les guides interviennent pour combler ce qui semble absurde ou immoral par moments : ainsi, d’un côté les guides inciteront l’âme qui a abusé de ses dons, qui s’est montrée cruelle, tyrannique, égoïste, etc, à vivre une vie faite d’obstacles et de l’autre côté ces mêmes guides n’interviendront pas lorsqu’une âme est maltraitée et, qui plus est, accepteront de voir cette âme déjà meurtrie continuer à l’être dans une vie future. Il y a là, on le voit, des paradoxes, des incohérences fâcheuses. Le rôle de ces guides n’a rien d’absolu. L’âme est toujours libre de suivre ou de ne pas suivre les conseils ou les injonctions de son guide. De plus, et là je vais peut-être choquer certaines personnes, les guides eux-mêmes ne sont pas infaillibles. Ils peuvent se tromper et ne pas toujours donner les meilleurs conseils qui soient car leur évolution n’est pas achevée. Leurs conseils seront toujours, bien sûr, bien plus utiles que nos propres considérations, car leur niveau d’évolution est malgré tout supérieur au nôtre. Rappelons-nous toutefois que nous avons les guides que nous méritons aussi bien sur terre que dans l’au-delà. Même si l'âme peut être guidée et aidée, elle n'en reste pas moins responsable, et cela même dans les situations extrêmes. Son apprentissage, son développement ne peuvent se faire que sur le terrain, en s'incarnant. Sa capacité à progresser dépendra du degré de compréhension du monde qu'elle possède.
Le chemin de l'évolution QUESTION : Ne peut-on pas penser, malgré tout, que certaines âmes dans l’au-delà, poussées ou non par leur guide, veuillent se purifier de leurs mauvaises actions en décidant de s’infliger des épreuves dans une vie future. Ce serait en quelque sorte, chez elles, l’indice d’une évolution, d’une prise de conscience, puisqu’il y a volonté de s’amender. D’autres âmes, par contre, n’auraient pas ce désir de purification. J’ai lu moi-même un cas très frappant à ce propos (tiré de "Mes Cinq dernières vies" de Charles Lancelin) : Un homme avait massacré des innocents dans une vie antérieure et cinq malheureux, une famille entière, étaient donc morts dans un incendie à cause de lui, puisque c’est pour piller qu’il avait provoqué l’incendie. On demande alors à son guide : "Est-ce qu’il expie en ce moment ?" Il est répondu : "Oui, il expie. (...) C’est lui-même qui a choisi son épreuve pour effacer en une seule vie les taches de son passé. Il est un pauvre pêcheur aux rives de l’océan. Pour compenser ses meurtres, il doit sauver cinq vies humaines avant de nous revenir. Il a déjà sauvé trois personnes mais ses obligés l’oublient, il mène une vie de misère pour racheter son autre vie toute de rapines. Encore deux actes de dévouement dont le dernier causera sa mort, et il reviendra parmi nous purifié, évolué, ayant satisfait à la pénalité de répression qu’il s’est infligée lui-même." REPONSE : Quand on lit ce témoignage, on est tenté de penser que ces communications de l’au-delà sont exactes et qu’elles reflètent la justice divine. Mais lorqu’on réfléchit plus avant, on se rend compte qu’elles sont très empreintes de judéo-christianisme, avec cette valorisation de l’idée de punition. Que nous dit-on ? A la fin d’une vie, une fois dans l’au-delà, l’âme fait le point sur ce qu’elle a vécu et décide de se réincarner pour s’acquitter d’une dette. A partir du moment où l’on considère que l’âme choisit d’expier certaines fautes dans une vie future, à chaque fois qu’elle se trouvera confrontée à une épreuve, elle aura tendance, si elle se soumet à son karma et à sa morale, à penser que cette épreuve doit être subie. Si elle ne la subit pas à ce moment-là, elle sera obligée de la subir dans une vie future, puisqu’elle doit expier, elle doit payer la note. Il n’est donc pas question, dans cette vue des choses, de transcender l’obstacle, de le surmonter ou de se dépasser. Il y a dans l’expiation, dans cette manière d’envisager le mécanisme karmique, l’idée d’une fatalité. On considère que tout est déterminé à l’avance, qu’il faut en passer par là. Et lorsque l’on aura bien payé la note, que l’on se sera bien flagellé, alors on sera purifié du mal que l’on a commis. On retrouve là des conceptions très archaïques, du genre œil pour œil, dent pour dent, bref on en revient à la loi du talion. On en est toujours à des conceptions très égoïstes, des lois d’intérêt humaines, très humaines ! Il n’y a rien de spirituel dans tout cela. Bien sûr tuer cinq personnes n’est pas un acte dont on puisse se glorifier, mais il ne faut pas oublier qu’il y a quelques milliers d’années l’homme était un sauvage et qu’il reste encore des cannibales dans certaines peuplades primitives. Des sacrifices humains étaient accomplis chez nous il n’y a pas si longtemps ! En fonction de quels critères l’âme peut-elle choisir de se punir ? Comment peut-elle décider du type d’épreuve qu’elle devra subir ? Et si ce n’est pas l’âme elle-même qui choisit, comment Dieu, comment les entités divines, comment les guides peuvent-ils établir que des vies entières seront consacrées à expier, comment peuvent-ils distribuer des sanctions, donner des épreuves à subir, alors que tout est si mouvant, si relatif au niveau de la morale, au niveau de la conscience de l’âme ? On voit là combien ces notions de punition, d’expiation, viennent avant tout de l’ignorance de l’homme et non de son avancement. Pour moi d’ailleurs, je crois que la morale est en fabrication, aussi bien dans la vie terrestre que dans l’au-delà. Je pense que même les guides et les grands sages qui sont dans l’au-delà actuellement sont au même niveau que le niveau maximum d’évolution de l’humanité terrestre. En fait ils ne sont pas plus en avance au plan de l’harmonie et de la pureté du comportement que les hommes les plus évolués sur terre.
QUESTION : N’accordez-vous aucune valeur à la notion de punition, qu’elle soit librement consentie ou qu’elle soit infligée par les puissances célestes ? REPONSE : Je ne pense absolument pas que la punition soit la meilleure façon de racheter le mal que l’on a fait. Celui qui a mal agi et qui en prend conscience peut vouloir expier et se punir ou être puni. Cela est déjà, certes, une prise de conscience de l’erreur ou du mal commis. Mais ce n’est pas pour autant la prise de conscience de ce qui doit réellement être fait. En effet, l’âme ou l’être humain qui se punit lui-même est convaincu de sa nullité, convaincu de son incapacité, convaincu de sa médiocrité. Et cette prise de conscience-là est avant tout une réaction égoïste par rapport à l’orgueil de l’être humain ou de l’âme. C’est ainsi que beaucoup d’êtres et donc beaucoup d’âmes passent leur temps à se persécuter, à s’autodétruire, à croire au mal, aussi bien chez eux que chez les autres, ce qui les incite à l’aigreur, à la jalousie. Ils vivent dans la souffrance et ils font souffrir les autres en même temps par contagion. Car le mal est contagieux comme le bien. Par contre, la véritable prise de conscience consiste à réparer le tort causé, à changer, à améliorer son mental et ses actes, à agir d’une manière harmonieuse et positive pour soi comme pour les autres. Et cette manière non punitive de réagir est la seule manière permettant à l’âme et à l’humanité de progresser réellement et efficacement. Il est vrai que dans notre civilisation judéo-chrétienne, la mentalité collective est imprégnée d’un sentiment de culpabilité qui serait dû au péché originel. De là vient cette croyance dans la nécessité de la punition, du châtiment, de la souffrance comme moyen de racheter le mal. En tenant compte de cette considération, on peut comprendre pourquoi l’humanité vit encore dans la souffrance et dans la misère matérielle et morale, puisqu’en effet en fonction de la religion, la culpabilisation et la punition sont des croyances très enracinées en chacun. Il ne faut donc pas s’étonner que l’âme, au moment de ce choix d’une prochaine vie, décide de se punir, de s’en vouloir. Le jour où l’âme se libérera de la culpabilisation, le jour où elle cherchera, non pas à se punir ni à se venger sur les autres, mais à modifier son état d’esprit, à changer réellement sa mentalité et son comportement, alors à ce moment-là, l’humanité pourra vivre dans la paix, la sérénité, aussi bien dans l’au-delà que dans le monde terrestre. |
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